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Publié par Union Pour Firminy

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Article du Progrès du 9 juillet 

UPF défendra toujours ceux qui se battent sur le difficile chemin vers la démocratie et la défense des droits de l'homme

« En Birmanie, personne n’a le droit de parler librement »

Portrait. Ashin Kovida, moine bouddhiste birman est en visite à Firminy chez une amie. Il évoque son pays qu’il a dû fuir et son pays d’accueil, l’Allemagne.

Quelques mots sur votre venue à Firminy ?

Je suis un moine birman, j’étais professeur d’anglais dans une école privée, mais j’ai dû fuir mon pays au moment de la révolution du safran et je vis actuellement en Allemagne à Francfort où il y a une importante communauté bouddhiste mais théoriquement je suis accueilli par la Suisse. J’ai connu Agnès (Bringas) en Birmanie en 2005, nous avons beaucoup parlé de nos pays respectifs et correspondons depuis par mail. Je suis venu plusieurs fois à Paris mais je voulais découvrir sa ville et aussi Lyon.

Pouvez-vous définir le bouddhisme ?

C’est la maîtrise de soi, le péché n’existe pas, le châtiment non plus, Bouddha est seulement un professeur.

Que pensez-vous des Français ?

Ce sont, à mon avis, les personnes les plus ouvertes d’Europe, les plus proches, en ce sens, des Asiatiques. Par contre, au niveau politique, ce sont les plus compliqués !

« J’espère bien rentrer en 2015 en Birmanie »

La Birmanie est un pays de la même taille que la France voisin de l’Inde, la Thaïlande, le Laos et la Chine avec 60 millions d’habitants. Mais il est dirigé par une dictature militaire qui ne respecte ni les droits de l’homme ni les principes démocratiques. Personne n’a le droit de parler librement, c’est comme une prison, maintenant ça change un peu, les militaires ont changé de nom, de vêtements, ils ont même changé le nom du pays et la capitale ce que les Birmans n’apprécient pas ! C’est normalement un gouvernement élu par le peuple.

Travaillez-vous en Allemagne ?

J’enseigne la philosophie bouddhiste et la méditation à la communauté locale, mais j’espère bien rentrer en Birmanie en 2015 parce qu’il doit y avoir des élections, c’est un espoir et ce sera une opportunité afin de pouvoir aider la population. Je connais bien Aung San Suu Kyi (prix Nobel de la paix en 1991 et prix Sakharov en 2013). J’ai l’espoir qu’elle soit présidente, mais il faut changer la constitution car elle n’a pas d’expérience militaire et elle est mariée à un anglais, elle ne peut donc pas être présidente selon la constitution. Les Birmans n’ont pas le droit de choisir leur leader, ce n’est pas facile, les militaires ont peur de perdre le pouvoir.

Que peut faire le gouvernement français pour aider la Birmanie ?

Il doit forcer le gouvernement militaire à avoir une constitution démocratique, en refusant par exemple les échanges économiques avec notre pays. Il faut savoir qu’en 2007, au moment de la révolution du safran qui a duré deux semaines, beaucoup de mes étudiants ont été arrêtés et tués.

Qu’en est-il du tourisme en Bimanie ?

Les touristes sont les bienvenus, malheureusement les hôtels ne sont pas suffisamment nombreux et les transports ne sont pas bons. Mais c’est un très beau pays !

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