Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par union pour Firminy

 
 Notre contribution de six pages a été signée par 63 personnes et nous avons remis la pétition concernant notre refus de l'exploitation des crassiers (170 signatures à ce jour) et la pétition que nous venons de lancer concernant notre refus d'une chaufferie bois en centre ville à proximité de l'Hôpital, des écoles maternelle et primaire, des collèges. (50 signatures).
 P1030971.JPG
Contribution à l’enquête publique PPA
Le nouveau Plan de Protection de l’Atmosphère pour l’agglomération stéphanoise a l’ambition d’apporter des réponses à ce qui est devenu un  problème de santé publique : la pollution de l’air. La presse nationale et locale s’est faite l’écho des graves conséquences pour les populations urbaines exposées. « L’air pollué tue prématurément. Jusqu’à deux ans d’espérance de vie pourraient être gagnés dans les villes » selon Le Monde du 9 01 2013 ».
Le document soumis à enquête publique apporte des informations précises sur les conséquences en termes de décès anticipés et d’hospitalisations pour motifs respiratoires et cardiovasculaires liés à la pollution de l’air. Habitants de Firminy nous constatons notre classement en zone sensible pour les quatre polluants suivants : les oxydes d’azote, les particules fines (PM10 et PM2, 5), l’ozone et l’arsenic.
Le PPA propose des actions qui visent à respecter les Valeurs limites d’émission ou les Valeurs cibles en tenant compte des sources à l’origine de ces polluants. Des actions sont ensuite listées pour l’industrie, le résidentiel, les transports, l’urbanisme…Parmi ces actions, certaines remettent en cause sérieusement les choix de la ville de Firminy pour son réseau de chaleur urbain.
Or si le PPA est le « produit d’une volonté commune et résultat d’une œuvre collective » il « doit permettre d’améliorer la qualité de l’air pour le bien et la santé de tous », il n’a pas « de portée juridique coercitive ». Les mesures proposées devront faire l’objet d’une déclinaison en arrêtés pris par les autorités compétentes avant de pouvoir être mises en œuvre.
Le PPA doit être compatible avec le Schéma Régional Climat-Air-Energie qui définit aussi des zones sensibles. Ces zones représentent les territoires critiques en matière de quantité d’émissions ou de concentrations de polluants atmosphériques sur lesquels des actions prioritaires seront engagées pour réduire l’exposition des populations ou des zones naturelles protégées. Sur le territoire du PPA stéphanois, la ville de Saint-Étienne ainsi que les zones s’étendant le long des axes de trafic principaux sont en zone dite sensible.
Par contre le Plan Climat –Energie territorial (PCET) n’a pas de lien de compatibilité direct  avec le PPA. Il vise à lutter contre le changement climatique avec pour objectif principal l’atténuation des émissions de GES (Gaz à effet de serre). Saint-Etienne Métropole s’est doté d’un PCET dont les objectifs sont de réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre, de réduire de 20 % sa consommation d’énergie et d’augmenter de 20% la part de consommation des énergies renouvelables.
Que se passe-t-il lorsqu’un projet d’implantation d’une chaufferie au bois de  6 MW entre en contradiction flagrante avec un des objectifs majeurs du PPA : la réduction du rejet de particules fines dans l’atmosphère ? Au nom de la lutte contre le changement climatique et du développement durable (en réalité pour profiter de l’effet d’aubaine de la réduction du taux de TVA si on atteint 50 % d’énergies dites renouvelables et améliorer fictivement le bilan carbone de GDF Suez) on néglige les objectifs de santé dans une zone sensible du PPA. Le réseau de chaleur actuel utilise le gaz naturel pour alimenter d’une part la cogénération qui produit électricité revendue à EDF et chaleur et d’autre part des chaudières classiques qui produisent de la chaleur. La combustion du gaz bien réglée ne libère que des oxydes d’azote dont on peut réduire la quantité.
Le maintien de la cogénération qui vient d’être renouvelée est intéressant aussi bien en termes d’efficacité énergétique que de coût du chauffage. La part de la cogénération baissera au profit de deux nouvelles sources : la chaleur issue de la combustion du biogaz (méthane, énergie dite fatale) sur le site du CET de Borde Matin, et la chaleur issue de la combustion du bois. Mais faire circuler    3 à  4 camions par jour l’hiver,  pour livrer du bois en plein centre ville, à proximité de l’Hôpital, des écoles maternelles et primaires, du collège et des riverains s’oppose aux objectifs des actions du PPA en matière de transport en ville. A ce jour nous n’avons pas de réponse sur le cheminement des camions.
La combustion du bois présente des risques sanitaires importants liés aux rejets dans l’atmosphère. Il apparait difficile de concilier, dans une zone urbaine sensible du PPA, lutte contre le changement climatique et réduction de la pollution atmosphérique ! D’ailleurs le Directeur territorial Air Rhône Alpes déclarait à la presse locale : « Il est admis que dans les zones sensibles les collectivités doivent privilégier le travail sur l’air plutôt que sur le climat ».
Les actions du PPA sont claires quant à la nécessité de réduire les émissions d’oxyde d’azote et de particules des chaufferies biomasse et de limiter les implantations nouvelles en zone sensible sans contrôle très strict des émissions et mesures compensatoires de réduction d’autres sources.
« Les foyers au bois émettent des oxydes de soufre, des oxydes d’azote, du monoxyde de carbone, des composés organiques volatils, du méthane des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des dioxines, des poussières ».
 
Nous vous soumettons ainsi une première étude de cas avec des éléments concrets. Le choix du prestataire pour la conception/réalisation de la chaufferie bois à Firminy illustre les risques. Le bureau d’études d’Aide à Maîtrise d’Ouvrage a émis : « un avis défavorable à la solution de traitement des fumées du candidat  par un seul équipement commun aux deux chaudières de type électro-filtre » et ajoute  « système non adapté à l’injection de réactifs à l’exception de l’urée ». Le candidat a été retenu de justesse parce que nettement moins cher  aux dépens de la valeur technique de l’offre et de son impact environnemental. Pas de filtres à manches pour le traitement des fumées. Or selon JP Sawerysyn, M Oget, C Schadkowski et J Triquet dans Air pur n° 81, c’est la seule technique performante de traitement des fumées.
Nous interrogeons le commissaire enquêteur sur les moyens d’action d’un PPA qui risque de se révéler impuissant : il s’agit pourtant de la santé de la population.
Quels moyens en amont du projet pour vérifier sa compatibilité avec le PPA et la santé des populations ? Au moment de l’annonce du projet, une phase de communication/propagande : le biogaz, biomasse, le bois sauve le climat. Puis un jury de conception/réalisation qui retient sans entraves la solution la moins chère mais la moins efficace pour le traitement des fumées, la  moins bonne pour le rendement énergétique, la moins bien insérée dans le paysage. Les meilleures solutions sont éliminées à cause de leur coût supérieur (d’ailleurs justifié). Quelle possibilité d’action au moment de la validation du permis de construire par le Maire, de la demande d’exploitation d’une ICPE, des demandes de subventions à l’ADEME, à la communauté d’agglomération, à la Région…. Faudra-t-il attendre les premiers contrôles de l’installation réalisée ? Le PPA semble un peu court et insuffisamment prescriptif.
Sans parler des doutes sérieux sur le bilan Carbone réel de l’utilisation de la biomasse aussi bien dans le domaine des agro carburants que des agro combustibles. Considérer que la combustion du bois ne libère pas de CO2 alors que des études montrent que non seulement  la combustion libère leCO2 fixé par l’arbre (15 tonnes par arbre) mais que la coupe franche de la forêt libère le CO2 fixé dans l’humus (20 000 tonnes de CO2/km2) et qu’il faut plus de 500 ans pour reconstituer le stock de carbone. Des articles récents expliquent que la France ne récolte pas assez de bois pour alimenter ses chaudières, ce qui oblige à importer  (par exemple GDF Suez vient de convertir une de ses centrales électriques et importe ses granulés du Canada, ce qui permet à l’entreprise d’améliorer son bilan carbone)
L’énergie propre produite à partir de la biomasse est un leurre. (Reportage sur Arte).
Nous ne sommes pas seuls : d’autres se mobilisent contre l’exploitation industrielle des forêts pour de grosses centrales au bois…
 « Le bois est une ressource limitée déjà largement exploitée, donc soumise à la loi de rendements décroissants. Même s’il y a encore des marges les coûts seront croissants…la forêt n’est pas un marché qui demande des réactions rapides au prix et à la demande. » Christophe Chauvin, Chercheur.
Il faudra consacrer des surfaces à l’exploitation industrielle.
Autre obstacle, la forêt est « pluri usages », réservoir de bois d’œuvre, lieu de promenade et de chasse, réserve de biodiversité, puits de carbone et fixation des polluants atmosphériques.
Nombreux sont les forestiers qui s’opposent à une vision purement énergétique. Selon Sébastien Hesse du collectif SOS Forêt-CGT environnement : « Une forêt tournée vers la production implique des coupes massives, un raccourcissement des cycles d’exploitation, des pistes forestières…la plantation de résineux-un peu comme en Indonésie, où le palmier à huile remplace la forêt naturelle ».
Récemment le Conseil Constitutionnel a annulé l’aide à la filière bois en matière de construction au motif que « rien ne garantit que l’introduction du bois dans les constructions nouvelles conduise à l’augmentation de la surface des forêts ». On peut faire le même raisonnement pour le bois combustible.
Sans parler des difficultés à augmenter l’offre de bois d’origine locale pour alimenter les nombreux projets de chaufferies bois.
Dans un document daté de janvier 2013 « Observation régionale de l’offre et de la demande en bois-énergie », signé par le Directeur Régional de l’alimentation, de l’Agriculture et de la forêt Rhône Alpes et du Directeur  Régional Rhône Alpes de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie il est constaté que « l’écart entre les besoins à court terme de la filière bois énergie et la capacité de mobilisation de la ressource en bois risque d’engendrer des tensions sur l’approvisionnement dès 2013 et 2014 », ce que confirment les professionnels de la filière dans leur courrier du 31 mai 2013, adressé au Député Dino Cinieri,  signé JL Fessy « la mobilisation des bois devient très problématique, contraintes liées au morcellement des parcelles, contraintes environnementales, beaucoup de bois deviennent inexploitables, contraintes de circulation»
 Nous vous soumettons une deuxième étude de cas : le projet d’exploitation de deux crassiers très anciens (150 ans), celui du quartier de Layat et celui du quartier de Dorian. Dans ces crassiers se sont accumulés les laitiers produits par l’aciérie, mais aussi toutes sortes de déchets générés par l’activité industrielle du site ou déposés en provenance de la proche région.
Les laitiers stockés contiennent des métaux lourds. L’exploitation par excavation à ciel ouvert va générer des poussières toxiques à proximité des riverains dans des zones très urbanisées où la pollution de l’air dépasse déjà les seuils règlementaires. Une croûte s’est formée. Au moment de sa rupture le crassier peut libérer des gaz toxiques. Avec l’excavation (à la manière d’une mine à ciel ouvert ou d’une carrière)  des réactions chimiques peuvent se produire avec l’oxygène, avec l’eau de pluie. Plus grave des poussières très fines sont émises qui risquent d’être chargées de métaux lourds toxiques pour l’homme et l’environnement. Le transport vers une usine de traitement va générer une pollution de l’air (15 à 20 camions par jour traverseront la ville). Les témoignages recueillis auprès des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers du site confirment la dangerosité des « saloperies » déposées (C’est le terme qu’ils utilisent !). L’action 3 du PPA est-elle assez contraignante pour protéger la population ?
 
 
C’est dire que les actions du PPA 2-3-5-6 qui visent à réduire les rejets atmosphériques d’oxyde d’azote et de particules, à limiter le développement de chaufferies collectives au bois (nous proposons de les interdire en l’absence de mesures compensatoires réelles), les actions 8- 9 -10- 11- 12- 13 sur le chauffage bois résidentiel et les actions dans le secteur des transports notamment de marchandises devraient faire l’objet de prescriptions le plus rapidement possible sous peine de voir notre agglomération exposer plus longtemps sa population à des dépassements des VLE et VC, objet d’un contentieux européen, mais si nuisible à la santé, particulièrement de nos enfants et de nos anciens.
Union pour Firminy Association loi 1901 « Cette association a pour but la formation des citoyens à l'exercice de la démocratie locale, dans les domaines économiques, environnementaux, sociaux, éducatifs, culturels et de loisirs. »
JUIN  2013
 
 
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article